Résistances des femmes au dépistage du cancer du sein

Mémoire :

Les freins et les résistances au dépistage du cancer du sein, quand les femmes veulent se réapproprier leur corps.

 

6 juillet 2018

 

MMe Isabelle Teychene a fait appel à notre site dans le cadre d’un mémoire en sociologie et en études en démographie, mémoire qui a pour sujet les résistances des femmes à participer au dépistage organisé du cancer du sein. Cette étude est très originale, car souvent sont invoquées des raisons sans qu’elles n’aient jamais été vérifiées.

Vous pourrez retrouver son mémoire intégral téléchargeable ci-dessous, avec l’aimable autorisation de l’auteure.

Voici les principaux résultats de son étude, certains sont surprenants.

 

la participation au dépistage organisé en France stagne depuis 2008 à un taux plafond de 52 %

En général on incrimine les classes populaires qui auraient d’autres préoccupations et qui craindraient la paupérisation imputable à la maladie, l’Inca et la Ligue eux-mêmes mettent en avant ce phénomène. Or les analyses ici réalisées ont montré que seules les très précaires semblent moins effectuer de dépistage

Si les populations des classes populaires réalisent moins de dépis- tage, ce sont les plus diplômées et les femmes issues des classes supérieures qui ont plus de probabilité de n’avoir jamais réalisé de mammographie.

Plus les femmes prennent de l’âge moins elles se font dépister.

Les mères de famille se retrouvent dans une situation ambivalente. D’une part culpabilisées par les campagnes d’octobre rose, mais d’autre part freinées par la charge familiale, elles sont moins nombreuses que les célibataires et les divorcées à avoir réalisé une mammographie.

Le rythme de vie serait plus discriminant que la désertification médicale. Les résultats montrent que les femmes habitant dans des zones rurales se font plus dépister que les femmes des zones urbaines même si elles vivent dans des zones de pénurie médicales, et effectuent leur suivi au sein d’hôpitaux, ou de structures médicales.

L’auteure explique que  » plus que le niveau de diplôme ou des revenus, c’est le « reçu », le « vécu » et le « perçu » construisant une idéologie médicale qui jouera sur l’adhésion ou non au dépistage du cancer du sein. » En effet les femmes poursuivront ou non un dépistage en fonction de leur bonne ou mauvaise expérience avec icelui ou avec le corps médical.

Mais ce qui ressort de cette intéressante enquête est qu’à force d’injonctions répétées les femmes se sentent harcelées, et que certaines finissent par se désengager complètement de la surveillance médicale.

Comme nous le soulignons souvent sur notre site, les campagnes de prévention finissent par être anxiogènes, les femmes, autant celles qui participent que celles qui ne participent pas vivent dans une anxiété permanente, laquelle sera préjudiciable à leur santé physique et morale.

Concernant les avancées médicales prédictives et l’onco-génétique, l’étude met en avant un nouveau statut de la personne chez laquelle on découvrira une mutation génétique, c’est l’état de ni malade, ni sain. Après avoir été des sursitaires de la maladie ces femmes, avec un savoir de leur mutation génétique, se retrouveront dans un état de « liminalité » , ce qui n’ira pas vers moins d’anxiété.

A lire, en téléchargeant ci-dessous.

 

 

 

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Post Author: Cancer-Rose