Le mammobile, exemple d’un dépistage sans contrôle, mais rentable

25 janvier 2018

Résumé Dr C.Bour

Parution d’un article dans « Dis-Leur » le 15 janvier, écrit par Mr Olivier Schlama, journaliste :

EXCLU / Cancer du sein : « Dépister en masse avant 50 ans, une hérésie ! »

 

A l’origine :

Une patiente héraultaise nous fait part du flyer qu’elle a reçu par courrier postal :

 

Les faits :

 

L’Association Montpellier-Hérault du Dépistage du Cancer du Sein (AMHDCS) va, par l’intermédiaire d’un « mammobile » à la rencontre des femmes pour les inciter au dépistage. Cette association reçoit des subventions de 200 communes pour la promotion du dépistage et le fonctionnement de son mammobile, ainsi que de la part du Conseil Général de l’Hérault, de mutuelles et de la Caisse d’Assurance Maladie.

 

Problème :

Le dépistage systématique doit être réservé à la tranche d’âge 50 ans-74 ans selon les recommandations expresses réactualisée en 2015 de la Haute Autorité de Santé ainsi que celles de l’Inca.

recos HAS

recos Inca

En effet, un dépistage en-dessous de 50 ans n’est pas recommandé en raison d’une balance bénéfice/risques très nettement négative et du risque d’un surdiagnostic important, majoré d’une irradiation excessive et cumulative en raison de la densité mammaire importante avant la ménopause. Or le flyer envoyé aux femmes quadragénaires par les communes prétend un « dépistage 100% utile dès 40 ans ». Aucune information sur les risques du dépistage en général ni en particulier pour les femmes en dessous de la tranche d’âge prévue n’est fournie à la récipiendaire. L’utilité est loin d’être démontrée, les inconvénients ne sont même pas évoqués.

Contacté par le journaliste de « Dis-Leur », Mr Olivier Schlama, l’Inca réitère ses recommandations.

 

Rentabiliser l’opération :

Le président de l’association départementale contacté par Mr Schlama, (le Dr J-P Jaurès) explique que le mammobile a été créé pour être complémentaire des cabinets de radiologie de la région et pour faciliter l’accès aux femmes. Renseignement pris auprès de confrères radiologues, il n’y a pas de difficulté criante dans les villes sillonnées par le mammobile d’accès aux cabinets de radiologie. Le médecin explique aussi que, s’agissant de la tranche d’âge des 40-50 ans les « institutions » étaient volontaires de financer ce dispositif à la place de l’Etat, avec accord de la Caisse primaire d’Assurance Maladie, et soutenu, selon lui, par l’Agence Régionale de Santé. Et de rajouter que le mammobile n’est rentable (sic) qu’à partir de 30 personnes dépistées par jour, ce chiffre n’étant atteint qu’en incluant les personnes de moins de 50 ans,

 

Voilà une démonstration parlante d’une rentabilité prenant le pas sur un objectif de santé publique et sur l’information loyale, neutre et objective que l’on doit à toute personne soumise à l’administration de tout médicament ou dispositif de santé.

 

Co-fondateur de l’initiative avec le Dr Lamarque, le Dr Pujol n’a pas souhaité répondre à Mr Schlama sur le sujet.

Post Author: Cancer-Rose