La perception et la réalité

Comment les femmes perçoivent les données du dépistage, orientées par les slogans et présentations optimistes, versus la réalité :

http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp1401875#t=article

Lorsque les auteurs du rapport du Swiss Medical Board (une commission médicale suisse indépendante des instances gouvernementales) ont évalué la pertinence du programme de dépistage mammographique du cancer du sein, ils se sont penchés sur une donnée qui avait été étudiée dans plusieurs pays4, à savoir comment les femmes perçoivent les avantages du dépistage selon ce qui a été véhiculé à son sujet et les informations qu’elles en ont reçues, et qui ont forgé leurs convictions sur le sujet.

 

Les auteurs ont dressé un tableau comparatif, avec , dans la partie A, les données tirées de l’enquête sur la perception des femmes américaines, et dans la partie B, les données réelles, objectives issues des scénarios les plus probables, constatées à partir d’ études les plus probantes et parmi les plus fiables. 1-3)

Les auteurs étaient sidérés par la divergence importante entre les croyances des femmes sur les avantages du dépistage par rapport à la réalité.

 

 

 

Le nombre attendu de femmes quinquagénaires survivantes, victimes du cancer du sein et victimes d’autres causes de décès lorsqu’elles se faisaient dépister régulièrement sur 10 ans a été comparé au nombre attendu de femmes survivantes, victimes de cancer du sein ou décédées d’autres causes lorsqu’elles ne s’y soumettaient pas.
71,5% de ces femmes américaines interrogées ont estimé que la mammographie de dépistage réduisait de moitié le risque de décéder d’un cancer du sein, et 72, 1% pensait qu’au moins 80 décès seraient évités pour 1000 femmes invitées au dépistage. La présentation en pourcentage de la réduction du risque de mortalité enjolive les données.
20% de réduction de mortalité (chiffre que l’on trouve sur les sites d’institution publiques, sur les sites de comités féminins et dans les brochures d’information distribuées aux femmes) ne signifient pas que 20 femmes sur 100 en moins mourront du cancer du sein, mais que seulement une femme en moins en mourra dans le meilleur des cas (et sans considérer les autres femmes dépistées, plus nombreuses, qui subiront dans le même temps surdiagnotic et fausses alertes).
La réduction du risque relatif de 20% correspond à une comparaison entre le groupe dépisté et le groupe non dépisté. Si par exemple sur 1000 femmes non dépistées 5 femmes décèdent et sur 1000 femmes dépistées 4 décèdent du cancer du sein, la réduction du risque relatif qui résulte de la comparaison de ces deux groupes correspond à ces 20% (5-4/5=0,2), mais en valeur absolue il ne s’agit bel et bien que d’une seule femme épargnée. Les données que les auteurs ont isolées pour la population suisse montrent aussi et de façon analogue ces espérances optimistes.
Les auteurs posent légitimement la question comment les femmes pourraient –elles prendre une décision éclairée si on leur présente de façon surestimée les avantages du dispositif ? Nous nous sommes posé la même question..Et avons tenté d’y remédier (cf brochure en page "action").
Bibliographie : 1. Gotzsche PC, Jorgensen KJ. Screening for breast cancer with mammography. Cochrane Database Syst Rev 2013;6:CD001877-CD001877 Medline/
2. Independent UK Panel on Breast Cancer ScreeningThe benefits and harms of breast cancer screening: an independent review. Lancet 2012;380:1778-1786 CrossRef | Web of Science | Medline/
3. Miller AB, Wall C, Baines CJ, Sun P, To T, Narod SA. Twenty five year follow-up for breast cancer incidence and mortality of the Canadian National Breast Screening Study: randomised screening trial. BMJ 2014;348:g366-g366 CrossRef | Web of Science | Medline/
4. Domenighetti G, D'Avanzo B, Egger M, et al. Women's perception of the benefits of mammography screening: population-based survey in four countries. Int J Epidemiol2003;32:816-821 CrossRef | Web of Science | Medline

Post Author: Cancer-Rose