Crise autour de la Strasbourgeoise, course rose alsacienne.

Nous vous avions déjà parlé du petit business des courses roses : courses roses

Qui est la Strasbourgeoise ?

La Strasbourgeoise, d'après son site intrnet, est le "rendez vous d’une vaste campagne d’information et de sensibilisation contre le cancer du sein. Parce qu’aujourd’hui en France 1 femme sur 8 risque de développer un cancer du sein et parce qu’ anticiper, prévenir, sensibiliser permet de mieux prendre en charge cette maladie… mobilisons nous !"

Question information ça commence mal puisque non, une femme sur 8 ne risque pas de développer un cancer du sein. Ce slogan éculé est déjà un mensonge, dont toutes ces structures promotrices du rose sont coutumières.*

http://lastrasbourgeoise.eu/les-epreuves/

Côté finances, il y a 15 000 places disponibles à 10 euros le dossard de la coureuse, ce qui rapportera 150 000 euros au total. Quatre euros par inscription sont reversés à la "cause", jusqu'à présent le bénéficiaire en était La Ligue contre le cancer, et 67 000 euros sur la collecte devaient lui être versés l'année dernière.

On apprend par la voix des Dernières Nouvelles d'Alsace du 23/052017 que cette manifestation bénéficie d'une contribution (entre autres contributeurs) de 40 000 euros de la part du laboratoire pharmaceutique Lilly. La Strasbourgeoise reçoit donc (au bas mot) dans les 200 000 euros chaque année pour la course rose. On aurait bien été intéressés au passage de savoir ce que deviennent les 133 000 euros (au bas mot) restants, mais là n'est pas la question.

 

L'affaire

En 2016 la Ligue contre le Cancer a lancé une pétition contre la cherté des médicaments anti-cancéreux, dont la multinationale Lilly, commercialisant le Prozac et des médicaments anti-cancéreux, a semble-t-il pris ombrage, ce dont témoigne la directrice de communication chez Lilly France qui parle d'un "choc en interne".

pétition Ligue

Toujours d'après les DNA, le président de l'association la Strasbourgeoise, Mr Claude Schneider, a tranché dans ce "climat de tension entre la Ligue et un mécène (ici le laboratoire Lilly) associé à la fondation de la manifestation".

Et de fait, plutôt que de perdre un important contributeur, le choix philanthropique du reversement de la prochaine collecte 2017 s'est porté sur un autre bénéficiaire, l'IRC (Institut Régional du Cancer pour l'Alsace, Hautepierre), structure financée par le CHU de Strasbourg et du Centre de Lutte contre le Cancer Paul Strauss.

Le procédé punitif n'a pas plu à la Ligue Alsace dont le président, Mr Gilbert Schneider, explique que "la moitié du budget de prévention... est perdu".

Le laboratoire Lilly quant à lui précise qu'il continuera à être partenaire de la Stasbourgeoise".

Ouf, la Strasbourgeoise a visiblement fait le bon choix alors. Il s'en passe des choses dans le petit monde rose des courses de charité, toujours dans l'intérêt des patients bien entendu, qui feraient mieux d'être plus reconnaissants, ces ingrats, au lieu de râler sur le prix des médicaments...

 

* Dire qu’une femme sur huit sera confrontée au cancer du sein est une présentation trompeuse, ce risque étant un risque cumulé tous âges confondus, calculé sur une population fictive en fonction des risques observés en 2012. Or il convient de considérer ce risque selon la tranche d’âge. Avec un suivi de 20 années, pour une femme de 40 ans ce risque est de 4%, pour une femme de 60 ans il est de 6%.

 

 

On considère qu’une association est bien gérée lorsque plus de 70% de son budget est dévolu à ses œuvres.

En ce qui concerne la Strasbourgeoise, a priori, le montant reversé ne doit pas dépasser 30 à 33 %...

http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/special-associations/la-gestion-de-80-associations-caritatives-passee-au-crible

 

 

 

 

 

Post Author: Cancer-Rose